L’État camerounais a converti en capital 92,5 milliards de FCFA d’avances détenues sur la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam). L’opération représente nominalement plus du double du besoin de recapitalisation de 43 milliards de FCFA identifié dans le plan de restructuration de 2019. Mais cette comparaison a ses limites : contrairement à un apport en numéraire, la conversion de créances n’injecte aucune ressource nouvelle dans les caisses de l’entreprise.
Dans un exposé consacré à Alucam et présenté au Parlement en juillet 2026, la Chambre des comptes de la Cour suprême estime que l’opération améliore la situation des fonds propres et éloigne le risque de dépôt de bilan, sans financer la remise en état de l’appareil industriel. « Il ne s’agit que d’un jeu d’écriture sans incidence sur la trésorerie et qui ne règle qu’un problème juridique », tranche la juridiction financière.
Le plan élaboré en octobre 2019 sous la coordination du ministère des Mines prévoyait, outre la recapitalisation de 43 milliards de FCFA, la fusion d’Alucam avec la Société camerounaise de transformation de l’aluminium (Socatral), la cession des actifs non stratégiques, la modernisation de la sous-station électrique et l’augmentation progressive des capacités de production.
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