Présentée comme le principal produit halieutique d’exportation du Cameroun, la crevette reste pourtant pénalisée par l’informalité, les pertes post-capture, la faiblesse de la chaîne de froid et les difficultés d’accès aux marchés internationaux les plus rémunérateurs. C’est l’un des principaux constats d’une étude réalisée dans le cadre du programme FISH4ACP, en lien avec l’élaboration d’un modèle économique pour le Laboratoire national vétérinaire (LANAVET).
Selon cette étude, la filière crevette mobilise plus de 11 000 acteurs directs au Cameroun, dont 4 085 pêcheurs, environ 3 500 acteurs de la commercialisation, 200 opérateurs de transport, une centaine d’unités de transformation et une dizaine d’entreprises exportatrices. Elle génère une valeur ajoutée totale estimée à 47 millions de dollars et représenterait environ 12 % du PIB du secteur de la pêche. La production artisanale est évaluée à 6 002 tonnes par an.
Une filière à fort potentiel, mais faiblement structurée
L’un des enseignements les plus sensibles de l’étude concerne la composition des acteurs intervenant dans la capture. Les pêcheurs nigérians représenteraient 61,5 % des pêcheurs ...