L’État camerounais a signé ce mercredi l’accord officialisant la reprise des parts du fonds britannique Actis dans Eneo, concessionnaire de la distribution de l’électricité. La cérémonie, qui marque l’aboutissement de plus de deux ans de négociations, se tiendra au ministère des Finances en présence du ministre Louis Paul Motaze, du ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba, ainsi que d’une délégation du fonds Actis. Le montant de la transaction est fixé à 78 milliards de FCFA, selon plusieurs sources proches du dossier.
Actis, entré au capital d’Eneo en 2014 avec 51 %, doit entériner sa sortie lors d’un conseil d’administration extraordinaire. À l’issue de l’opération, l’État détiendra 95 % du capital, tandis que 5 % seront réservés aux employés. Cette recomposition actionnariale entraîne un changement profond dans la gouvernance de l’entreprise, désormais largement sous contrôle public.
Un secteur fragilisé par un endettement massif
Cette prise de contrôle intervient alors que le secteur électrique camerounais traverse une période de fragilité aiguë. Selon le Compact Energy Pays du ministère de l’Eau et de l’Énergie, Eneo affichait 800 milliards de FCFA de dettes fin 2024 : 500 milliards dus à ses fournisseurs et environ 80 milliards correspondant à des créances non recouvrées.