Dans cet entretien accordé à l’Agence Ecofin, Alain Ebobissé, directeur général d’Africa50, défend le financement des infrastructures africaines par des capitaux du continent. Il revient sur les investissements de son institution, notamment dans la centrale de Nachtigal au Cameroun, et sur les obstacles au développement des projets.
Agence Ecofin : Vous dirigez Africa50 depuis 2016. Avec le recul, que feriez-vous différemment si vous deviez lancer l’institution aujourd’hui ?
Alain Ebobissé : Rien de fondamentalement différent. Africa50 a été créée en 2013 par les chefs d’État africains, qui avaient mandaté la Banque africaine de développement (BAD) pour la mettre en place. Mais jusqu’en 2016, ce n’était qu’un bureau au sein de la BAD, à Abidjan. Les opérations ont réellement démarré à mon arrivée, avec notre installation à Casablanca.
Dès le départ, nous avons adopté une stratégie en trois étapes, que nous suivons toujours : bâtir les fondations de l’institution ; tester le modèle en investissant et en réalisant quelques sorties ; puis croître de manière significative, à la mesure des ...