À la fin du mois de février 2024, les banques commerciales camerounaises détenaient 56 % des titres d’emprunt émis par le Tchad sur le marché monétaire de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), géré par la BEAC, sa banque centrale. Selon le rapport 24/335 du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement tchadien est devenu de plus en plus dépendant des banques camerounaises, « qui ont acquis pratiquement toutes les émissions nettes supplémentaires depuis 2022 ».
Cette situation résulte de l’incapacité des banques commerciales actives au Tchad à répondre aux besoins du gouvernement local. Les données sur l’environnement du secteur bancaire permettent de mieux comprendre cette évolution. Ainsi, le niveau des fonds propres à constituer obligatoirement lors de l’octroi de crédits était négatif (-1,4%) à la fin de 2023. L’encours des créances douteuses (dont le remboursement est incertain) atteignait jusqu’à 31,5 % du total des crédits accordés par les banques tchadiennes à l’économie.
D’un autre côté, même si les banques tchadiennes affichent une solide capacité à honorer les engagements à court terme avec un ratio ...