Au 31 décembre 2023, l’endettement obligataire des États sur les marchés des capitaux de la Cemac représente plus de 50% des dépôts bancaires. Pour le directeur général d’Afriland Bourse & Investment, cela est le signe que les États accaparent tous les financements au détriment d’autres acteurs économiques. Ce qui, soutient-il dans cet entretien, est contreproductif pour les économies de la sous-région.
Investir au Cameroun : Lors de la présentation aux investisseurs du plan de financement du Cameroun pour l’année 2024, vous avez laissé entendre que les États ponctionnent l’épargne sur le marché de la Cemac et ne laissent presque rien aux autres acteurs. Quels sont les éléments qui vous permettent de l’affirmer ?
Pierre Kammogne : Au 31 décembre 2023, les États de la Cemac ont un endettement obligataire sur les marchés de la Cemac de 7 376 milliards FCFA (1 812 milliards FCFA pour le Cameroun), soit 10,5% du PIB de la Cemac. Ceci exclut les crédits directs auprès des banques. Cet endettement obligataire des États représente plus de 50% des dépôts bancaires. Si justement le taux de souscription est passé de 201% en juin 2018 à 70% en décembre 2023, le coût moyen net d’impôts et taxes dudit endettement est passé de 4,72% en juin 2018 ...