Le secteur camerounais de la microfinance traverse une nouvelle zone de turbulence. Après plusieurs mois marqués par des placements sous administration provisoire et des liquidations, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) vient d’étendre ses mesures de redressement à la Nouvelle financière africaine (Nofia S.A.), établissement de deuxième catégorie appartenant à l’homme d’affaires David Manfouo.
Placée sous tutelle pour six mois, Nofia S.A. sera administrée par Bogni Ngueya, désigné par la COBAC. Sa mission : assainir la gestion interne, superviser les opérations courantes et rétablir la confiance des clients et partenaires financiers.
Mais cette mesure ne fait qu’allonger la liste croissante d’institutions fragilisées. Ces derniers mois, Unics, Cecil, Cepac Solidarité ou encore Idev ont connu le même sort, cette dernière étant directement liquidée, sans passer par la phase de redressement.
Un secteur sous pression réglementaire
Selon la BEAC, le Cameroun concentre 384 établissements de microfinance sur les 521 agréés dans la zone Cemac au 31 décembre 2024, soit près de 74 % du total régional. Un poids considérable, mais aussi un point de vulnérabilité.
Pour les experts, la multiplication des sanctions découle du renforcement du cadre réglementaire ...