Face à une demande pressante des fintechs à réguler les cryptomonnaies dans la Cemac (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Guinée-Équatoriale et Centrafrique), la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) oppose une fin de non-recevoir. La banque centrale a réaffirmé son opposition au cours du premier forum dédié à la fintech, qu’elle a organisé du 29 au 31 janvier 2024 à Douala. Raison : les cryptomonnaies pourraient assécher les stocks de devises de la communauté.
« Les cryptomonnaies ne font pas encore partie du modèle de la banque centrale. Il faut que nous soyons tous conscients qu’à chaque fois que nous achetons à l’extérieur, nous dépensons nos stocks de devises et fragilisons notre monnaie. Si les gens pensent que les crypto-actifs sont un moyen de préserver leurs épargnes, il ne faut pas qu’ils oublient qu’ils transforment le franc CFA en dollar ou en euro qui constituent nos stocks communs et affaiblissent ainsi notre monnaie », a indiqué le directeur général de l’exploitation de la Beac, Jean-Clary Otoumou.
Néanmoins, selon ce haut responsable, la réflexion « est toujours en cours » au sujet de la création d’une blockchain (technologie qui permet de garder la trace d’un ensemble de transactions, de manière décentralisée, sécurisée et transparente) ou d’une monnaie numérique ...