Dans son discours à la jeunesse le 10 février 2024, le président de la République, Paul Biya, a invité les jeunes à produire des biens et services pour limiter les importations qui obèrent la balance commerciale du Cameroun. Seulement, de jeunes promoteurs de PME éprouvent des difficultés dans la transformation de la matière première locale. Ils évoquent notamment la pression fiscale, la hausse des coûts des matières premières et du transport, l’insuffisance de l’énergie électrique et son coût élevé, le difficile accès aux financements et aux mesures d’accompagnement de l’État.
Des difficultés qui font partie du quotidien d’Estelle Dora Keutchou. Promotrice de Compagnie des produits du terroir, une PME spécialisée dans la transformation des fruits locaux (ananas, papayes, mangues, etc.) en vin, cette ingénieure agroalimentaire de 26 ans dit être sous pression depuis la création de son entreprise en janvier 2022 à Logbessou, dans le 5e arrondissement de Douala, capitale économique du pays.
« Depuis deux ans, je dépense mensuellement 450 000 FCFA pour les charges (coût de production, loyer, électricité, eau, salaire de deux opérateurs non permanents) pour produire 200 bouteilles de vin », explique la jeune entrepreneure. Elle précise que 56% (252 000 FCFA) desdites charges sont consacrées ...